12/06/2013

Re-food

A Lisbona Hunter Halder fa cosi’.

Raccoglie per ristoranti
bar, tavole calde
il cibo
non consumato
poi lo va a portare
a chi è troppo povero
per non avere fame.

Lo fa nel suo quartiere,
Nostra Signora di Fatima.
Cosi’ li’ hanno tutti
un pasto
al giorno, ormai.
Lui dice, pudico: una
integrazione alimentare.

L’apparizione di Maria
non c’entra nulla, quello
è un miracolo
della vita quotidiana.
Hunter lo chiama 
Re-food,
a me sembra che voglia dire Amore.

07/06/2013

Clément Méric

Clément, j’aurais aimé te connaître
avant, au lieu de découvrir
ton doux visage
sur cette photo en noir et blanc
quand déjà

j’aurais aimé être ton ami
avant que la bête ne te frappe
toi le frêle, le délicat
qui voulais et n’as pas pu
changer le monde à temps.

Tu connaissais le monstre hideux
aux soixante millions de morts
tu militais contre l’oubli
tu criais aux ignares qu’il est encore ici.
Hier tu l’as rencontré

dans les rues mêmes de Paris
comme trop souvent en France
de plus en plus souvent
dans cette Europe moisie.
Rien n’y fait, Clément

tout recommence et tu l’as payé
de ta vie. Faut dire que
la vie des doux rêveurs ne compte
pas grand-chose, le monde
se vautre dans son immense laideur.

J’aurais tant aimé, Clément
être ton ami, ton camarade avant
que le rouge sang n’envahisse pour
toujours ton cher visage

en noir et blanc.

05/06/2013

Taksim

Istanbul se teint de gris
nuages lacrymogènes, gaz tirés par milliers
canons à eau déversant la tempête.
Partout la violence des uniformes
partout nos cris blessés, mais ici nous sommes venus
ici nous restons, debout, accrochés aux arbres de Gezi,
par leur ombre silencieuse protégés.
Taksim, jours de révolte.

Turquie, ta démocratie vantée
n’est qu’un bâton robuste, une main de fer
qui se rêve Sultan. Derrière les cravates
lugubres comme autant de faux sourires
on enrage de reconstruire
la Porte, de mélanger FMI et Coran
dans une potion amère afin de nous l’administrer
de force, et régner.

Projet risible à l’échelle de l’histoire,
terrible à celle de nos vies.
Il nous faudra encore pour le déjouer
cracher les gaz, endurer la prison
suffoquer nos pleurs, oublier nos blessures
nous serrer mille fois autour des arbres de la liberté
à peine apparus et déjà promis
à la scie électrique.

Rude la bataille pour la vie pleine
quand tout est confusion, certains
ayant usurpé le mot même de Frères.
Ne vacillez pas, peuples du Caire
et de Tunis, Istanbul se joint à vous
dans l’air teint de gris, nuages lacrymogènes
gaz tirés par milliers.

Taksim, jours de révolte.

01/06/2013

La porta è aperta

Besate, provincia
di Milano, terra di
lontano
miracolo economico.

Li’, porte
solitamente chiuse sulla
roba
sudata col laurà.

Una, no.
Fuori c’era
scritto
“la porta è aperta”

dentro, moglie
e marito pronti per
quelli
dello sfratto

lei strangolata,
lui impiccato. La
casa
che tanto vale

cosi’ l’hanno lasciata,
adesso vanno
incolonnati
anch’essi

nel tuo lungo
corteo-funerale
Italia,
giorni e speranze addio.

Vita deserta,

la porta è aperta.

23/05/2013

Un fou


J’ai vu un fou, qui disait

Heureux vous qui avez faim, vous serez rassasiés !
Malheureux vous les riches, qui avez votre consolation.

Des gens s’arrêtaient

Donne à quiconque te demande,
vends ce que tu as et donnes-le en aumône

Les gens étaient de plus en plus nombreux, ça rigolait sec

Ils regarderont sans regarder, ils écouteront sans comprendre.
Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !

On s’amusait bien, dis donc ! Mais voilà qu’il sort

Ne réclame pas à celui qui te vole ;
s’il te prend ton manteau, laisse-lui prendre aussi ta tunique

Quelqu’un a appelé les flics : incitation au vol. Et les flics : tes papiers !

Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère,
ne remarques-tu pas la poutre dans ton œil à toi ?

De pire en pire. Insultes à agents dans l’exercice, etcetera.

Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés
ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés

Les flics perdaient patience. Pas de papiers ? Pas de juges ? Allez, au trou !

Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?
Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ?

Là, ils ont sorti les matraques et te l’ont bien assaisonné. Nous, on est partis.

Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?

Un fou, je vous dis. Vox clamans in deserto.

21/05/2013

Amor cortese


Come vorrei di rime musicali
riempir questa poesia: amor cortese
donzelle, sentimenti, madrugali
puri slanci del cuor, sospiri, attese;

è riposar quel volo sulle ali
dell’emozioni palpitanti accese
da sublimi visioni, mai triviali
questioni di fame, freddo o spese.

Eppure no. Mi tocca scavar li’
dove la gente muore, ogni mese
ogni giorno. Io devo stare qui

a scrivere per voi, vite sospese
a soffrire con voi, povera gente
che tanto amo, perchè non conta niente.

17/05/2013

Faut payer la dette


Y a pas de boulot
Faut payer la dette

Toutes façons, j’suis trop vieux
Faut payer la dette

Y a pas l’ombre d’un toit
Faut payer la dette

Tout trop cher pour moi
Faut payer la dette

Putain, qu’est-ce qu’il fait froid
Faut payer la dette

Je fouille les poubelles
Faut payer la dette

Honte, honte, honte !
Faut payer la dette

Rare la main tendue
Faut payer la dette

Disparus les sourires, la gaieté des gens
Faut payer la dette

Envolés les jours heureux
Faut payer la dette

Jeunesse et vie de peu
Faut payer la dette

Dans la rue, je meurs
Faut payer la dette

Je meurs devant Pôle Emploi
Faut payer la dette

Je meurs de ne pas être entendu
Faut payer la dette

Je meurs pour me libérer de vous
Faut payer la dette

Mort, je ne paierai pas
Faut payer la dette jusque dans l’au-delà.

10/05/2013

Morts de Dacca


Je vous connais
morts de Dacca
corps disloqués, têtes fracassées
mains et jambes
arrachées

je vous connais
ouvriers du textile
ensevelis sous des tonnes
de gravats
de machines-outils

je vous connais
travailleurs de la faim
vies à deux dollars
sort au monde
indifférent

je vous connais
morts de Dacca
qui cousiez
sur mes chemises
en rouge sang :

made in Bangladesh.

08/05/2013

Mouvement


Deux fois tu ne pourras
te baigner
dans la même rivière.

Viens voir Héraclite
ces hommes
craignant tout mouvement

fossiles d’eux-mêmes
ils dominent
ce qui déjà est mort.

06/05/2013

Corri corri


Corri corri
non fermarti
gioventù ribelle
sangue bollente

di’ la giustizia
di’ la libertà
di’ il sogno
di un’altra umanità.

23/04/2013

Restaurazione


Si puo’ restaurare il re
senz’averlo ghigliottinato?

Si puo’ cacciare Bonaparte
senz’averlo incoronato?

Si puo’ avere la Restaurazione
senza la Rivoluzione?

In Italia si puo’.
Il Gattopardo è mummia, ormai.

13/04/2013

Faut-il vraiment?


Faut-il vraiment
le répéter ?

Il y a la guerre.

Les Boys
de Ronald & Maggie
ont porté le fer
ruiné à leur profit
Russie, Asie etcetera
et là
c’est notre tour.

Il y a la guerre.

Depuis
Bruxelles & Berlin
ils déferlent
sanglés en uniforme Armani
ils ont déjà pris
Athènes, Madrid, Lisbonne
Rome et Nicosie.

Il y a la guerre.

Comme loups affamés
ils dévorent peuples
et Etats. Eux
le fric, les armes, les lois
nous rien. Gens
par terre
et cris d’effroi.

Alors oui, encore
le répéter.

Il y a la guerre.

10/04/2013

Sincère


Tu es sincère
François,
pauvres de nous !

Les yeux dans les yeux
jour après jour
tu as cru
et tu crois toujours
ceux
pour qui la vérité
n’est rien et la fortune,
tout.

Tu as cru Cahuzac
les Banques
le MEDEF et les Pigeons
Total, Mittal
Merkel, Cameron et
Van Rompuy. Bref, tu les crois
tous, sauf peut-être
Sarkozy.

Tu es sincère
François,
pauvres de nous !

Dans ce monde putain
de pilleurs puissants
avançant cachés
sous le manteau
du bien
l’homme honnête
ne croit rien,
il brandit son épée.

Vite
François,
ou nous allons crever.

06/04/2013

Con dignità


Il Sindaco abita qui
saliamo, forse lui
chissà.

Dottore ecco,
ma che resti tra noi
certi sguardi già.

I servizi sociali?
No, no!
Come si fa

dopo una vita
di lavoro, a...
la pietà non fa

per noi,
ci vergognamo.
Vieni Anna, andiamo.

Andiamo, Romeo
ma adesso?
Adesso resta

quel viaggio
e per biglietto
due righe d’addio.

Le corde
come valigie,
si puo’ partire di qua

con dignità.


(per AnnaMaria Sopranzi, Romeo Dionisi e Giovanni Sopranzi)

01/04/2013

Vêtues de noir


Deux femmes de noir vêtues
charbon de la rue
traînant un caddie de fatras.

Tu nous as assez vues ?

Regard bleu transperçant,
sous les cendres
le feu. Je baisse les yeux.