23/09/2013

Mutti

Si le choix était
entre un gaffeur SPD de droite
au gros doigt d’honneur
et la bonne vieille Mutti
rassurante et joufflue
telle la boulangère du coin
comment vous reprocher
d’avoir encore choisi Merkel ?
Plus rusée que Thatcher

Angela cache le fer, préfère
jouer du Mozart, de la Flûte enchantée,
juste disperser aux quatre vents
les mots magiques :
Deutschland  Prospérité !
puis ramasser vos suffrages dévoués.
L’important est que rien ne change,
vie calme, grosses voitures
silencieuses, machines-outils,

femmes au foyer, bas salaires,
exportations, pas d’enfants,
Turcs sans droits,
autoroutes sans limites de vitesse.
Surtout ignorer ce qu’elle inflige
à nous autres Grecs, Portugais, Espagnols,
Italiens, Français ou alors trouver
naturel que nous les PIGS,
soyons traités comme tels

comme des cochons
qu’on saigne, qu’on égorge
pas de travail, pas de toit
à mendier de l’aide, à crier
oh sages fourmis, généreux créanciers,
braves gens, ayez pitié !
Comment vous reprocher
d’avoir encore choisi la bonne vieille Mutti,
la Mère ?

07/09/2013

Francesco va a Damasco

Sul cammino dove Paolo incontro’
la Grande Luce
Francesco va, apre le braccia
al mondo e tace.

Tacendo sfida i frastuoni di guerra
e le menzogne,
nelle braccia accoglie
chi muore gridando di dolore.

Davanti a lui, esitazioni.
Ogni campo osserva, spia,
finge, s’inchina
e per un poco tace.

Quanto dura il silenzio?
Un giorno, un’ora
o meno ancora. Poi di nuovo
guerra e grida.

Diranno: inutile il suo viaggio,
anzi dannoso, laggiù
non ci puo’ esser pace.
Eppure si’.

Il coraggio del giusto
lascia traccia di sè
in ogni uomo,
cosi’ ancora vive tra noi

Colui che fu inchiodato
in quella terra duemila anni fa
le braccia aperte
d’avere sempre amato.

Francesco va a Damasco.

02/09/2013

Lignes interdites

Là-bas gisent
les lignes interdites
jaunes, rouges, noires
toutes brisées
comme autant de corps suppliciés
en Syrie
la vie disparaît
ou s’accroche
comme elle peut
aux murs escarpés de la haine.

Bachar a réussi.
Un tapis de cadavres
tient lieu
de guide de survie
d’Alep à Damas
chaque homme succombe
ou se mue en assassin,
poignard aiguisé
au grand festin
de Satan.

A notre tour.
Avec nos bombes, missiles
soldats
nous savons mieux
que quiconque
ajouter la mort à la mort,
faire briller
de mille feux
le chaudron de l’enfer.

Armageddon, nous voilà.