09/12/2010

Par tous les hommes de pouvoir

Elle est changée, vidée, niée
jour après jour
puis supprimée
par tous les hommes de pouvoir et leurs laquais.

Car dès que les brigands deviennent riches ou importants
ils rejoignent les sommets où tout le monde est innocent
inexistants les crimes qui les ont faits puissants,
invisibles les fautes qu’ils commettent pourtant
avec bien plus d’entrain et de portée qu’avant.
Le tout est caché, enfoui sous le manteau d’or blanc
dont se pare le pouvoir, ce chiffon si attrayant
qui mystifie le passé et transforme le présent
en un show quotidien à l’usage des chalands
dans les gazettes aux ordres,
à longueur de temps.


Elle est blessée, saignée, violée
jour après jour
puis crucifiée
par tous les hommes de pouvoir et leurs laquais.

Car dès qu’un homme se lève pour dénoncer le mal
fait à la justice et aux peuples par ce grand carnaval
de mensonges, de magouilles et de bassesse morale,
tous les brigands disposent d’un bien vaste arsenal
pour lui clouer la gueule : menaces, poursuites légales,
nervis privés et publics, prison voir hôpital.
Et si une fois sur mille un incident banal
fait trébucher un truand ou deux, l’idée géniale
sera de faire crier qu’on a vaincu le mal,
dans les gazettes aux ordres,
en édition spéciale.

Bon gré mal gré

Puisque personne n’a pu avant de naître
se dérober, choisir de ne pas être,
puisque chacun a été
bon gré mal gré
sorti du grand néant
et balancé d’un coup parmi les êtres vivants

Puisque personne ne peut devant la mort
se dérober, ni refuser son sort,
puisque chacun sera
bon gré mal gré
sorti du court instant
et renvoyé d’un coup vers le très grand néant

Puisque personne n’a pu entre les deux
connaître la règle de cet étrange jeu,
puisque chacun devra
bon gré mal gré
lui-même de son vivant
écrire le mode d’emploi sans savoir comment

Alors  c’est décidé : je pars là-bas
vers ta fraîcheur, ma liberté, vers toi,
et pour que la route soit
toute à mon gré
je vais dès maintenant
oublier passé et futur, et réinventer le présent

Puis un jour viendra où je serai là-bas
dans ta chaleur, ma liberté, chez toi,
ce jour enfin sera
selon mon gré
pour tout le reste du temps
oubliés passé et futur, et il n’y aura plus de présent.

Le Parc de Belleville

Tu es trop triste, trop fatigué
tu rêves de tout claquer
et de quitter Paris
mais avec quel blé
rien dans les poches, qu’est-ce qu’on est fauchés

Alors tu sais pour respirer
viens dimanche au Parc de Belleville

Ici c’est encore Paris
mais ce n’est pas la même ville
ici c’est le monde réuni
qui joue qui chante qui rit
ici c’est encore Paris
mais ce n’est plus la même ville
ici au Parc de Belleville
elle est vraiment belle la ville
elle est vraiment belle la vie.

Je te présenterai Yu
qui vient du Wen-Zou
et sa copine Leila
qui n’a jamais vu Rabat
où ses parents sont nés
car comme Pedro qui a ses oncles à Porto
elle est d’ici
de Belleville, de Paris
et c’est ici le dimanche
qu’ils jouent de la trompette
et de l’accordéon
comme la môme Piaf, comme des vrais titis.

Alors, ne quittes pas Paris
viens dimanche au Parc de Belleville

Ici c’est encore Paris
mais ce n’est pas la même ville
ici c’est le monde réuni
qui joue qui chante qui vit
ici c’est encore Paris
mais ce n’est plus la même ville
ici au Parc de Belleville
elle est vraiment belle la vie
elle est vraiment belle la ville.

08/12/2010

Ce qui vient

Ce qui vient
est ici, parmi nous
depuis des décennies, des siècles
transmis par des mots simples
des parents aux enfants
par des drapeaux, des livres
qui ont traversé le temps.

Ce qui vient
est ici, parmi nous
depuis des décennies, des siècles
transmis par notre sang
des parents aux enfants
le sang versé en juillet
et à tant d’autres moments.

Ce qui vient
est ici, parmi nous
depuis des décennies, des siècles
transmis par des mots oubliés
en haut des bâtiments
leur mémoire s’allume
et l’air est incandescent.

Ce qui vient
est ici, parmi nous
entendez-le gronder !
entendez-le rugir !
ce n’est pas la brise légère
ni le menuet dansant
ce qui vient est le cyclone
gonflé d’immense colère
ce qui vient est l’ouragan
terrible et dévastant
ce qui vient par millions de cris de rage
est la tornade qui tout va balayer.

Ce qui vient
est ici, parmi nous.
Le voilà : maintenant !

05/12/2010

Sono


Sono
una goccia di pioggia che brilla
una tenue scintilla
una voce

frammenti di nastri di vita
copiare incollare è finita

sono
una corda nel vuoto che oscilla.