07/12/2018

Vive la vraie démocratie


Je t’ignore
je t’oublie
je te couvre de mépris
vive la vraie démocratie!

Je te snobe
je t’insulte
je te traite d’animal
vive le bon dialogue social !

Je te gaze
je te frappe
je te roue de coups de bâton
vive la saine discussion !

Je te blesse
je t’écrase
je te tire comme un lapin
vive la paix, vive le bien !

Tu protestes ?
Pas de raison… car bla bla bla

Tu persistes ?
Surtout pas… et bla bla bla 

Tu cries fort ?
Flics à nous… mais sans bla bla

Tu te défends ?
Vite l’armée… puis pan pan pan

Avec ça
tout à sa place
les gueux à leur silence rendus
je pourrai enfin crier
vive la République
et vive la France !

26/11/2018

Gilet Jaune


Fallait pas trop pousser
la jouer arrogant
même un Peuple patient
peut toujours s’énerver.

Fallait pas mépriser
les ouvriers, les manants
ni traiter de fainéants
les chômeurs délaissés

trouver que c’est normal
quand tombent les derniers
puisque dans les cordées
c’est la règle fatale

fallait pas pérorer
tous les quatre matins
que les gens ne sont rien
qu’ils doivent s’incliner

aux jeunes sans boulot
indiquer la chaussée
suffit de traverser
pour gagner le gros lot

aux retraités sans sou
piquer leurs trois piécettes
contentez-vous des miettes
sinon je prendrai tout

aux foules de misère
faire le bras d’honneur
en proclamant : c’est l’heure
d’aimer les milliardaires

et dans le même élan
gaver le CAC Quarante
et multiplier leurs rentes
par trois en un seul an

surtout il fallait pas
à soi et à ses amis
se concéder une vie
digne d’une cour de Roi

car le Peuple est patient
il endure, il attend
mais quand vient le moment
il tempête, il prétend

que cesse le scandale
du vrai-faux roitelet
par soi-même installé
sur un beau piédestal

que cessent le mépris
l’insolente injustice
la corruption, le vice
et la Nation trahie

alors voilà la France
du Gilet Jaune en masse
veut que Manu se casse
cuver son arrogance

loin de nos yeux. Où ca ?
Crénom, sur Jupiter
jouer la fille de l’air
et qu’il ne rentre pas !

20/08/2018

L'église haut perchée


C’est un village français
charmant et accueillant
les dimanches d’été
tout y est ouvert
Hyper, MacDo
magasins bio
et trois lavages auto
tout
sauf l’église haut perchée
en face des montagnes
l’église romane à croix grecque
est fermée à double tour
pas de prêtres, pas de messe

tant pis pour les quelques fidèles
tant pis pour l’esprit
chaque dimanche
la Vierge Marie
installée là
par d’antiques croyants
dans sa blancheur de pierre
doit se demander
quel est ce monde
nouveau
triomphe de la matière,
elle se demande peut-être
qu’est devenue sa terre.

26/07/2018

Moi peuple de France, je viendrai te chercher


Devant tes courtisans
Emmanuel Micron
tu t’agites, tu plastronnes
et que dis-tu ?

Tu lâches ton barbouze
tout en le remerciant
tu joues l’offensé grave
tout en l’applaudissant
tu l’accuses de trahison
tout en le protégeant
tu nies ses privilèges
tout en les camouflant.

Quelle comédie par Zeus
quelle guignolade
galimatias, salmigondis
et ragoût tiède vomi !

Puis le cirque s’arrête
la clownerie n’est plus
trapèzes, contorsions
et chiens savants font place
aux choses sérieuses.
Je suis le responsable
tu cries en pleine fureur,
qu’ils viennent me chercher !

Ont-t-ils compris tes mots
Emmanuel Micron
les flagorneurs de cour
qui t’applaudissent ravis ?

Peut-être pas.
N’étant pour la plupart
que simples figurants
que plantes d’ornement
pour palais élégants,
très peu en Micronie
sont programmés
pour comprendre cela.

Des mots fort clairs pourtant
Emmanuel Micron
des mots d’affrontement
des mots de destruction.

En lançant ton défi
à la fière Nation
de subir l’injustice
sous la férule du Roi
ou d’aller te chercher
pour te soumettre à la loi
la guerre a commencé
entre la France et toi.

A la vie, à la mort
ne doute pas, roitelet
de quel sera ton sort.
Moi peuple de France je viendrai te chercher.

03/07/2018

D'autres viendront


D’autres viendront pour sûr
mais qui ?

Qui seront-ils ces gens
d’ici cent ans
deux jambes encore
 et des poumons
ou seuls des minces troncs
filtrant la pollution ?

Qui seront-ils ces gens
et leurs enfants
des muscles et des passions
ou des écrans
au bout desquels pendraient
neurones et sang ?

Qui seront-ils ces gens
nos descendants
si nous cédons nos vies
à la technique
aux magiciens du faux
au Grand Plastique ?

D’autres viendront pour sûr
mais qui ?

25/01/2018

Inondation de Paris

Vas-y franco, ciel de Paris
ouvre-toi en grand
déverse ta pluie
à cordes, à cataractes, à seaux
pas de crachin, vas-y
des trombes d’eau
pendant des jours
des semaines, des mois
lâche tes ondées, tes flots
que le déluge soit !

Je veux voir l’Yonne
la Marne et le Loing
sortir de leurs lits
je veux voir l’Aube et l’Oise
créer des marécages
je veux voir la Seine
s’installer dans Paris
noyer le vieux Zouave
lécher la Tour Eiffel
crécher aux Tuileries

je veux voir les eaux
paralyser Paname
et la colère des Cieux
épouvanter les âmes
je veux que la panique
gagne la ville Lumière
et alors que l’on appelle
à l’aide nos soldats
ne partez pas à la guerre
restez ici

laisser tomber le bordel
où les Yankees vous hèlent
faites demi-tour
restez à Paris
pour nous sauver des eaux
et l’eau vous sauvera
vous gardera en vie
pour une fois qui sait
une grande guerre pourrait
se faire sans nous.

19/01/2018

Que cherches-tu, mon frère?

Que cherches-tu, mon frère
parmi ces vieilles pages ?

Les traces de l’enfer
dont ont brûlé les âges

comment d’un démêlé
fait-on cent ans de rage
comment l’avidité
devient meurtre, carnage

comment les ambitions
de quelques dirigeants
infectent les nations
jusqu’à l’embrasement

comment de bons apôtres
répandent le mépris
et la haine de l’autre
pour sonner l’hallali

comment l’exaltation
de courir au combat
enterre la raison
sous d’immenses vivats

comment cette victoire
semble belle et facile
un joli tour de foire
un dimanche en famille

comment ça change tout
dès que pleuvent les bombes
très près, trop près de nous
puis qu’on creuse les tombes

de tant de gens perdus
là, l’on finit par voir
ce qu’il aurait fallu
depuis toujours savoir.

Dans l’incrédulité
des morts couleur sépia
je lis comme annoncée
la guerre qui viendra.

23/05/2017

Louis-Emmanuel Micron

Il était une fois un roi
un Louis-Emmanuel Micron
ni duc d’Orléans
ni Prince de Bourbon
plutôt genre Marquis
des Cabinets Bercy
fourbe, bellâtre, flou
et fort imbu de soi
un roitelet de quatre sous
en somme
ou pour tout dire
un minuscule Sire.

Mais pas trop con, le drille.
Du coup pour se donner
un air princier
une vague idée de famille
façon Juillet
Louis s’en fut au Havre pêcher
Philippe, le bien nommé.
Un faux Marquis
flanqué d’un faux Orléans, qui sait ?
Ca pouvait même marcher.
Sauf qu’il y avait un mais.
Gros comme le trône ce mais.

Car à l’époque la France
bien que pourvue d’un roi
n’avait toujours pas de trône :
la République, quoi !
Où pouvait-il alors
le roitelet Micron
assoir son joli cul ?
Comment sans un vrai trône
jouer les Grands Rois
dicter longtemps sa loi
fonder une dynastie
piquer l’argenterie ?

C’est du Pays des Bières
que vint la solution.
Un trône y vacillait
qu’un dénommé Philippe
tenait tant bien que mal.
Philippe ? Bon sang !
Micron en avait un !
Par des fieffées techniques
au cours d’une beuverie
on échangea les deux
puis on proclama Du Havre
Régent de la Belgique.

La suite, chacun connaît.
Les gazetiers entonnèrent :
Paris épouse Bruxelles !
La destinée jumelle
des deux Pays
dans le Royaume réuni de France
et de Belgique
fût saluée, actée, fêtée
par toutes les Bourses ravies.
Crève la République
et Vive le Roitelet
puisque l’Argent y est !

Depuis dans ce Royaume
les pauvres ont disparu
on se promène
dans des habits somptueux
on mène un train luxueux
on vit jusqu’à mil ans
quant au Roi Micron
il est si juste et bon
que tout le peuple est heureux.
Vous ne me croyez pas ?
Que voulez-vous, j’invente
c’est ça, les contes de fées.

04/05/2017

Via les chemins de l'air

Les voici donc en chœur
la main sur la poitrine
avec une sombre mine
censée venir du cœur

chantant au tralala
pour exiger de nous
qu’on offre à leur chouchou
nos très précieuses voix.

Danger fasciste, alerte !
Crient-ils de leurs châteaux :
craignez le brun drapeau
gardez la France ouverte.

Aux urnes sans traîner !
Intiment-ils. Au vote
pour garantir la côte
de l’avenant Banquier.

Je dis : la belle affaire !
Pour repousser la blonde
faudrait danser la ronde
devant l’escroc d’affaires ?

Faudrait céder presto
à la pensée unique 
au choix catastrophique
du Prince de l’Ego ?

Faudrait livrer nos âmes
aux Sires de la Cour
qu’ont concocté ce tour
d’un vieux truquage infâme ?

Faudrait pour être ouvert
mouton suivant mouton 
sauter à l’unisson
de la falaise en mer ?

Faudrait s’incinérer
par auto combustion
dans l’Urne - Crémation 
de notre liberté ?

Ah non, grandieu, jamais !
Notre riposte est claire
via les chemins de l’air
au joli mois de Mai.

24/04/2017

Jean-Luc, merci!

D’avoir prêté ta voix
haute profonde et claire
à un peuple sans voix

d’avoir montré l’audace
l’intelligence, la grâce
d’un peuple abandonné

d’avoir saisi les cœurs
revigoré l’esprit
d’un peuple endolori

d’avoir chanté les luttes
et célébré l’histoire
d’un peuple insoumis

d’avoir rendu à lui-même
par un nouvel espoir
un peuple trop trahi

d’avoir brisé la peur
visé les grandes hauteurs
atteint de vifs sommets

d’avoir sur le Vieux Port
brandi cet olivier
lu des poèmes de paix

d’avoir fêté la vie
tendu la main au monde
appelé aux jours heureux

Jean-Luc, merci !

d’avoir fait de chacun
le porteur du bonheur
qui assurément viendra.

07/03/2017

Les élites se rebiffent

Les élites se rebiffent
comme le cave d’antan
dans le Paname noir
de Gabin et d’Audiard
quand la truffe en a marre
mais, marre !
d’être tondue
plumée comme une oie
les matins en sortant
des vieux tripots fumants
où l’on entend chanter
Piaf, Bécaud, Gréco, Vian et Chevalier.

Les élites se rebiffent
comme le cave d’antan
bien que rapport au blé
l’embrouille soit terminée
un bail qu’ont disparu
les hommes
et le mitan
adieu les michetonneuses
voici finance & co
adieu Mômes et roteuses
nouvelle bande-son
où cliquète argentin : pognon, pognon, pognon.

Les élites se rebiffent
comme le cave d’antan
bien que le bourge sage
soit établi maintenant
du bon côté truands.
C’est lui
qui plume l’oie
le populo des rues
l’ouvrier, le tout venant
c’est lui qu’aussi prétend
de ces pelés du cul
une belle dévotion, les merci les plus grands.

Les élites se rebiffent
comme le cave d’antan
voyant que chez les gueux
côté salamalecs
on devient réticents
d’ailleurs
on n’en fait plus.
D’où la rage des bourges
d’où leur indignation :
l’ouvrier qui fait la tronche 
faut que ça cesse fissa
y a des remèdes stricts pour arranger tout ça.

Les élites se rebiffent
comme le cave d’antan
du coup c’est la roulette :
rien ne va plus. Ca tire
ça défouraille sec
lames
bastos, calibres
ça défonce et ça crie
ça bute et ça fait mal
ça fiche dru les dents
dans la chair des sans-dents
ça veut leur peau, leur sang, leur destruction finale.

Les élites se rebiffent
comme le cave d’antan
mais ce n’est pas gagné.
Foutre à la casserole
tout un peuple en pétard
non, mais !
qui le pourrait ?
Le cave ferait mieux
d’oublier ses plans foireux
pour écouter l’Audiard :
prends le fric, fais la malle
rencart à Macao et bons baisers à Pigalle.

21/02/2017

Une illusion de mages

Dans l’acre giboulée
de mots, images et sons
ce torrentiel déluge
d’informations
ne cherche pas, mon frère
la moindre trace du vrai
jamais t’y trouveras
nos durs réveils
nos heures de labeur
nos soirs d’amis
nos mains calleuses
les espoirs trahis.

La propagande ! dis-tu.
C’est bien connu
leur masque de mensonges…
faut l’arracher !
Alors apparaîtront
les hommes brisés
douleur chômage misère
alors éclateront
pustules et vers
les plaies pourries et cachées
du monde
tel que ces gens l’ont fait.

Comme je voudrais, mon frère
croire avec toi
qu’il s’agit là d’un masque
plaqué sur le vivant
qu’il suffirait
d’être bons
et justes et vrais
pour que le masque tombe
pour que surgissent enfin
les vies qu’ils ont volées
et la sueur, les pleurs
notre vieillesse amère, la peur.

Mais pas de masque ici
leur monde de mots, images et sons
n’existe pas
c’est un fantôme
c’est un ailleurs zombie
une illusion de mages
un postmoderne Hadès
c’est un tremblant mirage
l’éteinte étoile
qui renvoie sa morte lumière
depuis le fond obscur
de l’Univers

leur monde
c’est une lévitation
de tristes égo gonflés
c’est une palpitation
de câbles connectés
une invention virale
une construction mentale
c’est une fiction
où il n’y a plus rien, jamais
leur monde
c’est des moulins à vent
qui brassent le néant.

Alors, adieu
écrans bruyants
discours pétaradants
aux vacuités funestes
adieu cent mille fumées sans feu
viens camarade, mon frère
allons aimer souffrir boire
et puis pleurer
notre vieil ami rongé
par trop de mal
dans le silence blanc
d’une chambre d’hôpital.

08/12/2016

Fidel

Adieu, Fidel !

Adieu le tsunami
aux vagues plus hautes que l’océan
adieu le roc immense
rempart contre typhons et ouragans
adieu le beau David
maniant cigare fronde et verbe haut
adieu le révolté
mettant à bas l’emprise des puissants
adieu le camarade
crachant sur notre long destin d’esclaves
adieu le Commandant
qui fit de nous des hommes
de nous
les nègres les métis les pauvres blancs
depuis la nuit des temps
abandonnés, perdus
entre les champs de canne et le soleil couchant.

Adieu, Fidel !

De la Havane à Santiago
ton peuple te salue
et pleure son chagrin
ils viennent vers toi
par millions et millions
chacun criant ton nom
comme on brandit sa vie
comme on crie son destin :
Yo soy Fidel.