23/04/2013

Restaurazione


Si puo’ restaurare il re
senz’averlo ghigliottinato?

Si puo’ cacciare Bonaparte
senz’averlo incoronato?

Si puo’ avere la Restaurazione
senza la Rivoluzione?

In Italia si puo’.
Il Gattopardo è mummia, ormai.

13/04/2013

Faut-il vraiment?


Faut-il vraiment
le répéter ?

Il y a la guerre.

Les Boys
de Ronald & Maggie
ont porté le fer
ruiné à leur profit
Russie, Asie etcetera
et là
c’est notre tour.

Il y a la guerre.

Depuis
Bruxelles & Berlin
ils déferlent
sanglés en uniforme Armani
ils ont déjà pris
Athènes, Madrid, Lisbonne
Rome et Nicosie.

Il y a la guerre.

Comme loups affamés
ils dévorent peuples
et Etats. Eux
le fric, les armes, les lois
nous rien. Gens
par terre
et cris d’effroi.

Alors oui, encore
le répéter.

Il y a la guerre.

10/04/2013

Sincère


Tu es sincère
François,
pauvres de nous !

Les yeux dans les yeux
jour après jour
tu as cru
et tu crois toujours
ceux
pour qui la vérité
n’est rien et la fortune,
tout.

Tu as cru Cahuzac
les Banques
le MEDEF et les Pigeons
Total, Mittal
Merkel, Cameron et
Van Rompuy. Bref, tu les crois
tous, sauf peut-être
Sarkozy.

Tu es sincère
François,
pauvres de nous !

Dans ce monde putain
de pilleurs puissants
avançant cachés
sous le manteau
du bien
l’homme honnête
ne croit rien,
il brandit son épée.

Vite
François,
ou nous allons crever.

06/04/2013

Con dignità


Il Sindaco abita qui
saliamo, forse lui
chissà.

Dottore ecco,
ma che resti tra noi
certi sguardi già.

I servizi sociali?
No, no!
Come si fa

dopo una vita
di lavoro, a...
la pietà non fa

per noi,
ci vergognamo.
Vieni Anna, andiamo.

Andiamo, Romeo
ma adesso?
Adesso resta

quel viaggio
e per biglietto
due righe d’addio.

Le corde
come valigie,
si puo’ partire di qua

con dignità.


(per AnnaMaria Sopranzi, Romeo Dionisi e Giovanni Sopranzi)

01/04/2013

Vêtues de noir


Deux femmes de noir vêtues
charbon de la rue
traînant un caddie de fatras.

Tu nous as assez vues ?

Regard bleu transperçant,
sous les cendres
le feu. Je baisse les yeux.

30/03/2013

D'autres le détruiront


Ce que vous ne savez
pas réparer
remettre en marche
ce que vous ne pouvez
pas faire à nouveau fonctionner
d’autres le détruiront
bientôt complètement
d’autres le hacheront
en mille morceaux
le réduiront à néant.

Du vivre ensemble
de la main tendue
du secours fraternel
du mot juste et du regard honnête
par vous négligés
d’autres en feront bouillie
pour leurs chiens
pâtée pour leurs gardes
vomi
de leurs festins.

A force de montrer
obstinément
le chemin de Golgotha, larmes
et sang, peuples échangés
contre des virgules de PIB
d’autres y courent
clous et marteaux
à la main
d’autres y sont déjà
monter par millions les croix.

Qui pourra vous le pardonner ?

27/03/2013

Europe


C’était une belle idée
fraternité
plus jamais la guerre
les armes l’un contre l’autre
pointées
c’était une grande idée
espoir, solidarité
jeunesse
du vieux continent
de ses peuples librement unis.

Europe chérie.

C’était sans compter
avec l’argent
tissant sa toile en silence
puis s’imposant
partout
arrogant, ravageur
jusqu’à l’étranglement
des nations
sans pitié sévissant
contre les peuples asservis.

Europe haïe.

Désormais il n’y a
plus de chemin commun
le vieux continent
se fait à nouveau
très vieux
quelqu’un cherche encore
à sauver sa peau
voyez les autres
se suicider
des peuples par trop estourbis.

Europe finie.

21/03/2013

Ibn Al-Dheeb


Ibn al-Dheeb est poète qatari
poète emprisonné
pour quelques vers
poète torturé et condamné.
Qui s’en soucie ?
Qatar, capitale Doha
succursale Paris
qui oserait protester
et faire de la peine
à l’Emir Al-Thani ?

Certes pas l’ami Sarkozy
et d’ailleurs
Sarko est ailleurs
traversant un autre désert
entre Neuilly et Benghazi.
Peut-être Leonardo ? Mais voyons !
Leonardo est heureux
il pense au Barça
aux schémas de jeu, à Ibra
à la Ligue des Champions.

Dati, Lang, Villepin ?
Surtout pas !
Ayant cédé leur langue
bien pendue
au pétrodollar dominant
et vendu ce qui restait
de leur âme au pipe-line
ils se cachent désormais,
ils se font taiseux.
Tous les autres comme eux.

Peut-être jugent-ils
tous autant qu’ils sont
que ce poète imprudent
cet Al-Dheeb impudent
s’en sort plutôt bien.
Quinze ans de prison
pour avoir célébré
au Qatar le jasmin
du printemps tunisien
ce n’est pas trop cher payé.

12/03/2013

A bout


J’encaisse
je travaille je me dépêche
je mange à peine
j’ai chaud j’ai froid
je stresse je galère je traîne
je n’en peux mais
je recommence demain matin

Le désespoir ne sert à rien
la douleur
le savoir
l’histoire ne sert à rien
le futur
la joie
la connerie
l’alcool
l’Etat
rien ne sert à rien

Je me tais
comme des millions
je proteste en vivant

Je me pends
je me jette d’une tour
je me noie
je me brûle devant Pôle Emploi
je me fais exploser la cervelle
je prends la caravelle
pour l’enfer

L’amour ne sert à rien
la famille
la vie
l’histoire ne sert à rien
l’espoir
la colère
la joie
la bière
les copains
rien ne sert à rien

Je me tue
comme des millions
je proteste en partant.

04/03/2013

Tu écris? J'écris


Tu écris ?
J’écris

A quoi ça sert d’écrire ?
A peu. Faudrait agir

Pourtant tu écris. Pourquoi ?
J’ai agi dans le temps déjà

L’action ce n’est qu’une fois ?
Plutôt mille, au contraire

Pourtant tu attends. Pourquoi ?
Pour trouver la manière

Quelle manière ?
Celle de ne plus me mystifier

Serait-ce si grave de se tromper ?
Cela dépend

De quoi ?
Des erreurs que l’on fait, de leur poids

Et les tiennes furent lourdes ?
Sans doute trop pour moi

Et de rien faire, c’est grave ?
Au moins autant, je crois.

Alors, que comptes-tu faire maintenant ?
Agir un peu

Tu agis ? Où ça ? Comment ?
J’agis là, sous tes yeux

Tu écris ?
J’écris

06/02/2013

Pantomima


Ritorna il Cavaliere inesistente
sotto il trucco e il cerone non c’è niente

aleggia mantellante il Professore
che ogni cosa dissolve in poche ore

titubante uno viene a far la foca
col pallone sul naso dell’Europa
 
c’è persino arruffato uno strillone
indeciso tra i vini e il baraccone

pantomimando la discesa in pista
son pronti, ma la recita è già vista.
 
Quanti disastri hai fatto, quanti guai!
Che dici? Saran gli amici tuoi, semmai!

Hai governato tu dopo di me!
E tu hai governato assieme a me!

E’ vero, ahimé! Ma allora come fare
per restare a galla, non naufragare ?

La soluzione è di trovare a chi
dare la colpa di quel che accade qui.

Uno dice: alla mafia. Non scherziamo!
E la camorra? Vivere vogliamo!

Gli inquinatori in massa del Silento?
Gli abusivi dei templi d’Agrigento?

I gran banchieri ? I palazzinari?
Gli idraulici? I dentisti milionari?

La foca ondeggia, si agita, volteggia
del Vampiro si muove la mantella

il cerone sghignazza allegramente
sulla faccia del Cav inesistente

laggiù strilla strillando lo strillone
chissà che agitando dal balcone

quando nei cieli appare SuperMario,
tra Goldman Sachs e il Fondo Monetario.

Con voce di comando forte e altiera
il Drago detta la sua legge vera:

lasciate stare i ricchi e i padroni
sono loro che scrivono i copioni

addosso agli operai, agli immigrati
ai vecchi, ai poveracci, agli ammalati

colpite duro, mandateli a fondo
son troppo cari e inutili al mondo.

Obbedisco! Gridano quelli in coro
i colpevoli veri sono loro!

Tutti scendon dal palco e immantinente
cominciano a picchiare sulla gente

la recita finisce sempre a botte
loro a menare e noi le ossa rotte

una schifezza proprio ‘sto copione...
non lo si puo’ cambiare all’occasione?

Ci piacerebbe far venir Brighella
sul palco a bastonare la mantella

e poi che venga pure Arlecchino
per infilarli tutti in un tombino.

11/01/2013

Allez chercher


Allez chercher
deux ou trois étoiles
et fusillez-les pour l’exemple.

Que les Camarades-Poètes
arrêtent un peu
d’y promener leur tête.
 
C’est la guerre ici
bordel de Dieu !
Rien à foutre des cieux.

07/01/2013

Passeport soviétique


Tu étais si fier Volodia
de ton passeport soviétique
rouge symbole
de la Patrie bolchévique
terre d’Ouvriers et de Géants.

Par bonheur tu es parti
bien avant cette poutinesque
farce livrant
ses ersatz du rouge document
à toutes espèces de bandits.

06/01/2013

Di qua e di là


Noi di qua
loro di là
mille frontiere
per tenerci qua
nessuna
di là.

Noi di qua
loro di là
finchè la morte verrà.

08/12/2012

Hauts-fourneaux


Ah ils étaient beaux
les hauts-fourneaux allumés
là-bas dans la vallée ;
l’acier y coulait à flots
magma incandescent, dans les veines des ouvriers
le sang.

Ah ils sont encore beaux
les hauts-fourneaux endormis
là-bas dans la vallée ;
tant qu’il reste un espoir
de rage les rallumer brûlants, comme des ouvriers
le sang.

Ah ils sont hideux
les hauts-fourneaux coupés
là-bas dans la vallée ;
tous s’y sont mis à la fin
du cœur battant en terminer, et des ouvriers
le sang.