29/08/2012

In miniera


Sotto, a meno 400
vi siete asserragliati
lontano dalla luce
vicino agli esplosivi
minatori di padre in figlio
vite tagliate da un tratto di penna
competitività
spending review
spread a più 400
licenziati.

Le vene
preferite tagliarvi le vene
nelle budella della terra
piuttosto che uscire fuori
al sole della miseria
dell’ognuno per sè
laggiù
siete più vicini a ogni altro uomo
che un banchiere ministro
nella sua limousine.

Minatori sardi
il mio pensiero
dentro la scia di mille altri
vi dà la mano
calda la mano
rugoso il pensiero
per questo mondo di pupazzi
inghirlandati
messi li’ dalla finanza
a far da guardia al disastro.

19/08/2012

Pussy Riot


Nadejda
Maria
Ekaterina

Sous la cagoule vos voix
déchirent le trop long silence
vous criez
au cœur de la Sainte Russie
la colère des opprimés

tee-shirt au poing fermé
No Pasaràn !
vos guitares jouent dans la Cathédrale
la métallique
Musique Sacrée de la révolte.

Maria
Ekaterina
Nadejda

Vous venez rattraper l’histoire
rendre à la poésie
son cri d’insurrection
l’ombre de Volodia
glissée derrière les cierges

a déclamé avec vous
votre prière à la Vierge
le verbe insoumis
lance au Tsar de nouveau
son indomptable défi.

Deux ans de camp
pour avoir refusé la peur
filles de Russie
filles d’un siècle de combats
je vous salue, âmes sœurs

Ekaterina
Nadejda
Maria

15/08/2012

Eclairer la ruine


Ce monde
on l’a ruiné
il y aurait tellement à dire
plus rien à dire
tellement à faire
plus rien.

Rien, sinon rêver
imaginer un autre destin
jusqu’au dernier moment
tant qu’il nous reste
du temps
très peu de temps, je sais.

Rien, sinon aimer
crier les mots de beauté
les multiplier
alors que c’est déjà trop tard 
et de ce monde
mourant

éclairer la ruine
à la bougie d’une rime
pour lancer aux jours
qui ne viendront plus
le noble et inutile défi
des troubadours.

26/07/2012

Démocratie conforme aux marchés


Démocratie conforme aux marchés
merci Madame la Chancelière
ce n’était pas facile
d’exprimer en quelques mots
la soumission contrainte
des peuples à l’argent
on reconnaît bien là
la force de l’esprit allemand.

De la théorie à la pratique
les marchés nous infligent la misère
de la pratique à la théorie
la démocratie conforme nous y asservit
la dialectique
quelle fulgurance magnifique
quand elle réussit
à ce point dans la vie.

Enterrée, réduite à néant
la dialectique d’un autre allemand
qui voulait lui
le vieux fou, l’utopiste !
lier d’une toute autre façon
la pratique et la théorie
en soumettant les marchés
à la démocratie.

Tout est de nouveau à sa place
l’argent est au pouvoir
et le pouvoir va à l’argent.
Quant à nous, il nous reste le droit
d’approuver les lois
qui nous feront crever.
N’est-ce pas merveilleux
un monde si bien réglé ?

12/06/2012

Combattre faudra


Combattre faudra
ils nous laissent pas le choix.

Combattre pour que la vie
soit là pour nous aussi
que ça soit le hasard
ou l’œuvre de dieu
on se battra
pour croire à nouveau
que le ciel peut être bleu.

12/05/2012

Ahi ahi ahi ahié ahioù (chanson)


Le chef de bande est battu
et les bandits abattus
ahi ahi ahi ahié ahioù

la pompe à fric est bloquée
le coffre-fort encerclé
ahi ahi ahi ahioù ahié

En danger les arnaques, menacé le trésor
par l’arrivée des gueux
que des gens qui voudraient mettre la main sur l’or
c’est pas prévu dans le jeu
vade rétro piétaille
ou l’on sort la mitraille.

Voilà la bande ce soir réunie en grand secret
pour préparer le combat.
Il faut foncer, dit l’un. Et tous de répéter :
banzaï ! sauf que voilà
si on veut livrer bataille
il nous faut un chef qui vaille.

Le chef de bande est battu
et les bandits abattus
ahi ahi ahi ahié ahioù

qui affrontera le danger ?
un nouveau chef faut trouver
ahi ahi ahi ahioù ahié

Prenons ! s’écrie un futé, comme chef un grand banquier !
Quelle riche idée, bon sang,
il y a plein de fripouilles là-dedans, c’est un sacré vivier !
Voyons donc cet allemand
qui est capable de tout
pour mettre les gueux à genoux.

On appelle le banquier. Il pose ses conditions :
vingt pour cent du butin
aucune place officielle, silence et discrétion.
J’opère depuis Berlin
et vous exécutez :
c’est à prendre ou à laisser.

Le chef de bande est battu
et les bandits abattus
ahi ahi ahi ahié ahioù

pour écarter le danger
il faudra bien accepter
ahi ahi ahi ahioù ahié

C’est oui ? alors voici mon plan, l’arnaque parfaite :
je vais leur infliger
la super big panique et l’ultra maxi-diète
on va les essorer
ça les foutra par terre
comme si c’était la guerre.

D’abord quelques sourires, quelques mots sans valeur
ça va les endormir
puis je fonce sur leur dette et je déchaîne la peur
ils croiront s’en sortir
en bradant les bijoux
et là je rafle tout.

Bravo ! la bande exaltée
un nouveau chef a trouvé
ahi ahi ahi ahioù ahié

En avant les bandits ! Confiants et rassurés
derrière le chef de bande 
ils connaissent à merveille la partition jouée
pour eux la sarabande
belle et sonnante musique
pour tous les autres la trique.

01/05/2012

1er Mai


On t’a attendu
on t’a cherché
on t’a voulu
on t’a chanté
on t’a souffert
on t’a offert

tant de nos larmes
et tous nos muguets
tant de combats
et tous nos espoirs
d’un grand soir
ou de moins sombres matins

nous étions
les foules en feu
dans la tempête
heureux
de livrer la bataille
du lendemain

nous étions
la rouge immensité
là-bas à Moscou
nous étions partout
marchant au pas
sous le soleil
 
jusqu’à avoir été
notre propre défaite
l’acier forgé
contre les hommes
prisonniers
du socialisme réalisé.
 
Adieu Lenin
retour au passé
à la vie de soumission
à la corruption
comme loi
retour à l’argent-roi.

Avons-nous trop vécu ?

Vivre est fatiguant
quand croire est de trop
quand l’horizon
n’a pas de couleurs
plus vives
que le présent

dernièrement
j’ai vu des hommes
aller à la mort
en longue file quotidienne
pas d’argent, pas de travail
pas de vie

et d’autres
s’abandonner
au ventre obscur de la bête
et se cracher
à la gueule
leur propre poison

aujourd’hui
je vais défiler
en agitant mon drapeau
comme si c’était le sang
de ceux
qui n’ont plus de sang.

Voilà ta Fête
1er Mai
drapeaux rouges
et linceuls blancs
chacun seul
et tous ensemble pourtant.

24/04/2012

Rien


Rien
vous ne savez rien
mais de ce rien
vous êtes si fiers
que vous en remplissez déjà
les urnes
avant d’espérer un jour
en remplir les rues
au pas de l’oie
avant de compter un jour
en faire la loi
en faire le tout
qui écrase tout
avant de vouloir un jour
derrière ce rien
nous conduire
drapeaux au vent
à la ruine
comme avant.

Rien
vous ne savez rien
et même quand vous savez
vous ne voulez pas savoir
vous criez
au mauvais procès
pauvres victimes
d’amalgames affreux
pourquoi vous comparer
à ceux d’avant
vous n’êtes
ni racistes ni nazis
vous êtes comment
au fait
vous êtes qui ?

Ah oui j’oublias
vous êtes
des bons petits français
maltraités
des innocents sans passé
sans collaboration
ni délation
sans Indochine
ni Algérie
sans détails de chambres à gaz
sans ratonnades
ni haine
et sans gégène
vous êtes la vague bleue marine
purs autant que la mer
venant souiller les plages
après le naufrage
de l’Erika.

Rien
vous ne savez rien
ou plutôt certains
le savent très bien
mais on ne remplit pas les urnes
et encore moins les rues
en se réclamant
des pires souffrances
jamais infligées
à l’humanité
surtout pas !
il faut cacher le passé
le renier
vade rétro les nazis
bienvenus les petits agneaux
finis les monstrueux
bienvenus les preux défenseurs
de la patrie en danger
submergée par tant de mauvais gens
venus piquer le pain
de nos enfants.

Mais sous la blonde perruque
on reconnait le brun
et à la voix éraillée
on entend le son métallique
à nul autre pareil
du chef des bandits
à la croix gammée.

Rien
vous ne savez rien
mais de ce rien
nous on n’a rien oublié.
Du coup, retenez ceci :
on ne vous laissera pas
faire le coup deux fois.

Comptez sur nous.

16/04/2012

Remarquables

Merci
enzymes cristaux ARN
atomes et molécules
auto-catalyseurs
auto-reproducteurs
surgissant
du fond des roches
des volcans
des océans
il y a quelques milliards d’années
merci
d’avoir inventé la vie
vous membranes cellules allènes
et gènes
génies de la chimie
dans l’infiniment petit
merci d’avoir traversé le temps
et d’être arrivés
jusqu’ici
afin de quoi ?
afin de rien 
bon sang !
et certes pas pour que je sois là
mais puisqu’il se trouve
que dans cet afin de rien
j’y suis
alors je tiens
j’y tiens, pardi !
à vous dire merci
mes remarquables ancêtres
les bactéries.

05/04/2012

Dannazione

Dannazione
industriale
post-industriale
finanziaria
globale.

Chi Sisifo
lavorando
chi Sisifo
disoccupando
tutti
rotolando macigni
al di qua
al di là
della montagna.

Beato colui
che ha visto
Sisifo felice.
Io no.

11/03/2012

Lo stesso giorno

Tu a Torino
col fuoco
Tu a Taranto
con una corda.

Tu in un parco
dietro un cespuglio
Tu in campagna
a un albero isolato.

Tu
cinquantanove  anni
Tu
sessanta.

Tu
moglie e tre figli
Tu
moglie e tre figli.

Tu
neppure una riga
Tu
un quadernetto.
 
Tu senza parole
solo disperazione
Tu nella disperazione
accuse e precisione.

Tu muratore
licenziato
Tu piccolo commerciante
dal fido negato.

Tu lassù
nel cuore del Nord
Tu laggiù
nel cuore del Sud.

Tu
arso vivo
Tu
impiccato.

Lo stesso giorno
della stessa era.
Salv’Italia? Cresc’Italia?
Muori Italia.

09/03/2012

En vérité

Un homme a froid
et vous lui refusez un toit
un homme a faim
et vous lui refusez du pain
un homme a peur
et vous lui refusez votre cœur
en vérité
je vous l’ai dit
c’est moi que vous chassez
cet homme-là, c’est moi.

Inutile dès lors
de bâtir des églises
et d’y venir à genou
parjurer la foi
vos regards détournés
vos refus
sont les clous
qui enfoncent ma chair
au plus profond
de la croix.

J’ai chassé
les marchands
vous voilà marchands
j’ai prêché
l’amour
vous voilà intolérants
j’ai vécu nu
comme les fleurs
des champs
et voilà que votre dieu c’est l’argent.

J’ai été
pauvre parmi les pauvres
laissant derrière mes pas
dans la poussière
même la gloire du Père
j’ai été le flagellé
le crucifié
comment osez-vous
et en quoi
vous réclamer de moi ?

En vérité
tout sera pardonné
tout sauf  l’orgueil
et la cupidité
c’est la loi
la seule
que je vous ai donnée.
Eloignez-vous de moi
le peu qui reste de vos âmes
je le laisse à Satan.

07/03/2012

Etrange graffiti

Sur un mur je lis
écrit
en belles lettres
DETRUISONS TOUT CE QUI
NOUS.

Je complète.
DETRUISONS TOUT CE QUI NOUS
sépare / suffoque / opprime
dérange / isole / déprime
tourmente / enchaîne / ruine
fait peur / brime /
emprisonne

Je complète autrement.
NOUS DETRUISONS TOUT CE QUI
passionne /
fait vivre / nourrit
rassemble / inspire / grandit
vit / se rebelle / sourit
rêve / respire / s’épanouit.

Etrange graffiti
à l’élan amputé :
cri impérieux
ou sombre constat ?

Boiteux
tu fais entre les deux
l’aller-retour incongru
sur nos destins suspendus.

13/02/2012

Combien de fois le printemps?

Combien de fois le printemps ?

Autant que le pourront
tes griffes endolories
creusant encore la glace
de nos esprits endormis.

Nous sommes
des Belles au Bois dormant
hommes à la grâce perdue
femmes aux baisers jamais reçus
enfants
de nos propres batailles lointaines
ayant intégré la peine
et oublié la joie
ayant choisi le sommeil
pour fuir le froid.

Mais le Prince Charmant
frappe à la porte chaque instant
notre sang
sur le seuil de l’âme nous attend.

Alors sors de toi
tant que tes jambes te portent
sors et crie
si ta voix est forte
sors et pleure
quand la douleur t’emporte
sors
une nouvelle fois
dans le désordre vivant
et va chercher le printemps.

Je viens avec toi.

06/02/2012

Il neige

Il neige
je suis cet enfant
qui s’abandonne au blanc
et crie
à son merveilleux silence.

Il neige
comme au matin du monde
l’âme en fête descend
se promener
nue sous son manteau.

Il neige
comme autrefois au village
mais la veillée
au bon feu crépitant
depuis longtemps a disparu.

Il neige
sur la grande ville à présent
petits flocons tout doux
se déposant
sur tant de vies brisées.

Il neige
sur la soupe populaire
et la longue rangée
de douleurs solitaires
pieds et mains gelés.

Il neige
sur les camions blancs
et rouges des secours
sur les trottoirs glissants
des foyers.

Il neige
je suis cet enfant
qui interroge le blanc
et crie
à son insupportable silence.