19/03/2015

Otto anni

Ubriaco, l’eroe
Gloria all’Ucraina!
alla guida di un blindato
giallo e blu

sotto i cingoli
muore una bambina
otto anni, la madre
agonizza sul selciato.

A Konstantinovka
Donetsk, Donbass
città occupata
dagli eroi ubriachi.

E voi, razza di eroi
Gloria all’Ucraina!
eroicamente
vi scatenate: ben gli stà!

E voi, eroicamente
urlate: ancora!
Ammazziamoli tutti
quei pidocchi russi!

Che ci faceva, eh?
una bambina
con sua madre in strada?
Negli scantinati bui

a morir di fame
e a tremare
devono stare
gli insetti del Donbass!

Fuori, solo i nostri eroi
cingolati
a bere, ammazzare
e a godersi il cielo blu.

05/03/2015

Smartphone

Magique ! dit-il
les yeux rivés à son smartphone,
voici que j’ai le monde entier
au bout des doigts
je peux surfer, cliquer, tchatcher
conter ma vie par le menu
à tant d’amis émus
dix mille d’un coup !
depuis que fébrilement chaque jour
je plonge là-dedans
c’est mon moi
qui est devenu plus grand.

Je reste songeur. Est-ce donc cela ?
Le mythe de Narcisse
encore une fois accompli ?
Comme l’étang trompeur
peut séduire le fat
qui à la surface se penche
mirer sa vaine beauté
ainsi l’écran maudit
captive toute sorte de proies
par des mirages moirés
d’irrésistible langueur
par des sirènes modernes du soi.

Chacun succombe alors
chacun se noie impuissant
dans le simulacre sournois
chacun s’étiole, se perd
et finalement se meurt
son faux sourire figé
comme une statue de cire
que seul secoue parfois
un vague signal zombi
un spasme des circuits.
Narcisse ne peut sortir vivant
de la contemplation de soi.

Loin de l’étang, alors
et vite ! Le monde n’est pas un jeu
de miroirs légers et d’apparences
futiles
le monde est une tempête
le monde est larmes et peur
misère et mort
le monde est une douleur
dans la poitrine
une agonie cruelle
qui invoque chaque jour, qui exige !
nos bras, notre rage et notre secours.

23/01/2015

Un mensonge, puis cent puis mille

Un mensonge, puis cent puis mille
et les bombes ne sont plus des bombes
les obus ne sont plus des obus
dans la neige du Donbass
les vieillards peuvent être abattus
le front transpercé de métal
les mains crispées, la bouche fendue
un mensonge, puis cent puis mille
et les missiles ne sont plus des missiles
les enfants peuvent tomber
aux arrêts des bus
dans les cours d’école sous le feu
éparpillés comme poupées
les yeux grand ouverts sur le ciel
un mensonge, puis cent puis mille
et les canons ne sont plus des canons
la mitraille n’est plus la mitraille
les femmes peuvent mourir de faim
le froid glacé aux entrailles
agoniser sans secours
dans leurs maisons  bombardées
un mensonge puis cent puis mille
et l’Histoire n’est plus l’Histoire
Babi Yar n’a jamais existé
la Shoah par balles est oubliée
occultés les millions de martyrs
le SS Bandera glorifié
l’Allemagne nazie justifiée
les cendres d’Auschwitz flottant
loin du Reich de Mille Ans
un mensonge, puis cent puis mille
et les canons ne sont plus des canons
les obus ne sont plus des obus
l’Histoire n’est plus l’Histoire
et le peuple du Donbass peut être écorché
dépouillé de son âme, de sa terre, de ses gens
de sa mémoire, de son sang.

Camarades,
à quand le châtiment ?

16/01/2015

De l'immonde bête le ventre

De l’immonde bête le ventre
est encore fécond
disais-tu Bertolt, et disais vrai.
Elle était grosse la bête

puis, elle a accouché.
Ses rejetons robustes
gavés de guerres, de meurtres
de haine, de prédation

s’en vont ici hisser la croix gammée
là-bas le noir drapeau
des Fous de Dieu
partout répandre deuil, terreur

désolation, la mère feignant parfois
de les gronder un peu
mais elle en est fière, bien sûr !
ça fait partie du jeu.

Ce que tu appelais, Bertolt
sommeil de la raison
est devenu sa mort, l’entendement
n’est plus, l’esprit gît désormais

dans une grande mare de sang
d’un bout à l’autre du monde
sévissent les bêtes immondes
et rien, plus rien n’est là

pour s’y opposer. Ni grand Poète
ni rouge Révolution ne sont en vue
sans Utopie concrète
l’âme des peuples s’est tue.

13/01/2015

Porc-oh-choco se déguise en Charlie

Il était donc là lui aussi,
Porc-oh-choco
se pomponner parmi les autres guignols
‘Viens dans mes bras’ par ci 
‘Que c’est affreux’ par là

ah, tous ces gens n’ont honte aucune
ni dignité ni humanité
c’est bien à ça qu’on les reconnaît.
La liberté d’expression dans l’Ukraine nazie ?
Voyons voir ça de plus près

Odessa, Maison des Syndicats : 46 morts
Journalistes au travail: 10 morts
Langue russe : interdite
Chaînes russes : interdites
Parti Communiste : interdit
Militants communistes : arrêtés, torturés, assassinés
Autres Opposants : agressés, intimidés
Députés récalcitrants : dans la benne à ordure
Autres récalcitrants : licenciés, menacés, frappés
Statues de Lénine : renversées
Bandera et les Nazis : glorifiés
Histoire : truquée
Elections : truquées
Journaux, Radio, Télés: mensonge et propagande en continu

Et dans le Donbass

4808 morts, des milliers de blessés, 1 million de réfugiés
Donetsk : en ruine
Lougansk : en ruine
Autres villes et villages: en ruine
Economie : dévastée
Ecoles : bombardées
Hôpitaux : bombardés
Usines : bombardées
Centrales électriques : bombardées
Quartiers d’habitation : bombardés
Professeurs : virés
Policiers : virés
Magistrats : virés
Salaires : non versés
Retraites : non versées
Accès aux comptes bancaires : coupé
Eau : coupée
Gaz : coupé
Chauffage : coupé
Aide humanitaire : interdite ou volée
Température extérieure actuelle : - 20 degrés

Porc-oh-choco déguisé en Charlie ?
C’est à pleurer.

12/01/2015

Qui était donc Charlie?

Je suis enfant de Palestine
né en terre occupée
comme mon père et le père de mon père
tous enfants d’un peuple sans patrie
au présent enchaîné
au futur interdit
un peuple humilié, dispersé, morcelé
de murs en prisons
de mépris en barbelés
un peuple sous le joug
maintenu à genoux par un poing très puissant
mais pas un jour ne cessant
de combattre pour se mettre debout

ah, peuple frère de France
la liberté que jamais je n’ai eue
je ne veux pas qu’on y touche chez toi
c’est pourquoi
je partage ta souffrance
oui, ta douleur est la mienne
mien le sang répandu dans tes rues
miennes tes larmes, tes bougies
miens tes crayons au ciel brandis
et ces trois mots que tu affiches en tout lieu
oui moi, l’enfant de trop de cercueils
brûlant du même feu que Paris
je marche et j’écris sur mon front :

JE SUIS CHARLIE.

Puis je lève les yeux et à la tête du deuil 
je vois mon bourreau
il a les mêmes mots, je crie
et mon cœur de battre s’arrête.

Ah, peuple frère de Paris
si je ne puis être Charlie,
qui était donc Charlie ?

02/12/2014

Sauf ceci

Ne croyez rien, sauf ceci :
il y aura la Guerre.

Le poète tel Cassandre
montre le Mal qui avance ; 
Cassandre comme le poète
ne sont jamais crus.

Qui peut croire la Mort
cachée dans un Cheval de Bois ?

Pourtant comme à Troie
dans la cité endormie
la Mort rôde déjà
dissimulée ici
dans ces polichinelles curieux
et ectoplasmes fumeux
ces automates, pantins
et autres Fous du Roi
qui arpentent nos Palais
grimés en gens sérieux
ou inoffensifs valets
alors qu’ils n’ont
ni tête ni cœur ni sang
zombies qu’ils sont
sur le manège géant
lancés à toute allure
vers le Néant
sans pouvoir descendre
sans même savoir pourquoi.

Le poète tel Cassandre
crie que le Mal est là ;
Cassandre comme le poète
ne sont jamais entendus.

25/11/2014

Nessuno va a votare


Nessuno va a votare
embè
che problema è ?

Via, via a tutto spiano
sempre più in fretta
andiamo avanti
andiamo !
a proclamare
in ogni dove
la fulgida vittoria elettorale
galattica epocale
democrata spaziale
che fa di me
il Presidente, il Faro
l’Uomo a Tutto Fare
e Re d’Italia !

Viva le urne vuote
viva le schede amiche
poche ma ben riempite
viva la libertà 
di fare e di disfare
come quanto e di più
viva le elezioni
senza elettori 
viva me stesso Re !
Del quasi nulla, dite ?
Si’
ma in quel quasi
ciccia vi trovo io e meraviglia,
oh bischeri !

Ordunque
se il popolo non c’è
che problema è ?

08/11/2014

Nouvelle histoire d'un mec

Un mec sans audace
balourd voire salace
sans une idée, sans grâce
pérenne inefficace,
par un éclair fugace
osa un jour une menace
contre l’argent rapace
trouvant ainsi l’espace
pour niquer le Loquace
et lui piquer la place.

Ah, fallait voir le peuple
au soir de la victoire… Tous, on voulait y croire !

Après la nuit vivace
adieu roses et rosaces.
A peine élu il efface
son vernis de surface
et fourgue la besace
aux éternels voraces.
Mille cadeaux en grâce
pour Gattaz et sa race, 
d’Angela-la-coriace
les diktats il enlace.

Ah, faut voir le peuple
gronder matin, midi et soir… Tous, on s’est bien fait avoir!

Au fond de la disgrâce
il se prétend pugnace,
de ses poings menace
les fous d’Allah qu’en place
lui-même a mis et grimace
de frapper l’Ours-de-glace.
Mais quoi ? Sans carapace
vite tout ça s’efface
pour ne laisser qu’une trace,
c’est celle de la limace.

06/11/2014

Vecchie cornacchie

Vecchie cornacchie, sonnacchiosi scanni
tra voi nessuno ebbe mai vent'anni?

23/09/2014

Esprits insouciants

Tous ces gens
dans les cafés, dans les jardins
occupés de bière
de beau temps 

et personne qui sache
personne qui veuille savoir…
ah, les étés 14  
sont toujours ignares !

Pourtant l’ombre avance
et s’étend
par nous-mêmes portée
l’ombre folle de la guerre

elle saisit le voisin
submerge le lointain
fait le tour de la terre
et revient

jusqu’ici
où tout est déjà miné
sous-sols, étages, greniers
âmes et vérité…

ah, esprits insouciants !
gardez bien
les yeux fermés
sur nos derniers instants.

06/09/2014

Porc-oh-choco

Porc-oh-choco est un drôle de cochon
il truffe, esbroufe et tartuffe
OTAN qu’on veut
aux Maîtres du Monde il sert
Ukraine et dessert.

Porc-oh-choco est un cochon bien dressé
il broie, écrase et piétine
OTAN qu’il peut
mais quelque chose d’un coup
ne va plus du tout.

Horreur ! La Garde est encerclée, les troupes
vaincues et les dingues nazis
OTAN chéris
déguerpissent sous le feu
minables et piteux.

Porc-oh-choco est un cochon aux abois
il braille, s’agite et gémit
OTAN, uuuuhiiii !
Il veut des troupes, des chars…
Bien sûr, mais plus tard !

Porc-oh-choco est un drôle de cochon
il truffe, esbroufe et tartuffe
OTAN qu’il peut.
Sans leurs canons que peut-il?
Il mâche sa bile

et grouine : cessez-le-feu.

02/09/2014

Regarde sur les écrans

Regarde sur les écrans
comme au bal des revenants
le monde se dissoudre en faux-semblants.

Le vrai sans forces, déliquescent
déchiré par les chiens
lambeaux pendants.
Le faux en habits de fête, grands
discours, paillettes,
sourires condescendants.

Regarde sur les écrans
comme au bal de minuit
les fantômes enchaîner nos esprits.

26/08/2014

Vive la guerre!

Vive la Guerre !

Très bien planqué dans les sous-sols de mon Journal
je mens, je vitupère, je la réclame
fort à l’abri dans mon Palais monumental
j’intrigue, je manigance, je la proclame
terré dans mon Bureau antiatomique Ovale
je presse le bouton
de la Grande Destruction.

Vive la Guerre !

C’est le moment, bon sang ! On a foutu
le big bordel partout : dettes, virus, climat
océans-plastiques, misère et Ebola
et tous ces gueux de plus en plus furieux.
Alors, que diable ! A nous les belles fusées !
Deux ou trois milliards de morts
ça ôte l’envie de protester.

Vive la Guerre !

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs
ni des milliards sans sacrifier des vies.
Résignez-vous, pauvres gens, l’heure est venue
de faire du monde un barbecue géant.
Ah que des larmes et fleurs je verserai
en votre souvenir… Courage !
Vous allez juste mourir.

Vive la Guerre !

03/08/2014

Il n'y a plus de vivants

Regarde,
il n’y a plus de vivants;
partout
on tue à grande échelle, ici

silence
pas un cri ne ressort
la mort
laisse les morts indifférents.