13/01/2015

Porc-oh-choco se déguise en Charlie

Il était donc là lui aussi,
Porc-oh-choco
se pomponner parmi les autres guignols
‘Viens dans mes bras’ par ci 
‘Que c’est affreux’ par là

ah, tous ces gens n’ont honte aucune
ni dignité ni humanité
c’est bien à ça qu’on les reconnaît.
La liberté d’expression dans l’Ukraine nazie ?
Voyons voir ça de plus près

Odessa, Maison des Syndicats : 46 morts
Journalistes au travail: 10 morts
Langue russe : interdite
Chaînes russes : interdites
Parti Communiste : interdit
Militants communistes : arrêtés, torturés, assassinés
Autres Opposants : agressés, intimidés
Députés récalcitrants : dans la benne à ordure
Autres récalcitrants : licenciés, menacés, frappés
Statues de Lénine : renversées
Bandera et les Nazis : glorifiés
Histoire : truquée
Elections : truquées
Journaux, Radio, Télés: mensonge et propagande en continu

Et dans le Donbass

4808 morts, des milliers de blessés, 1 million de réfugiés
Donetsk : en ruine
Lougansk : en ruine
Autres villes et villages: en ruine
Economie : dévastée
Ecoles : bombardées
Hôpitaux : bombardés
Usines : bombardées
Centrales électriques : bombardées
Quartiers d’habitation : bombardés
Professeurs : virés
Policiers : virés
Magistrats : virés
Salaires : non versés
Retraites : non versées
Accès aux comptes bancaires : coupé
Eau : coupée
Gaz : coupé
Chauffage : coupé
Aide humanitaire : interdite ou volée
Température extérieure actuelle : - 20 degrés

Porc-oh-choco déguisé en Charlie ?
C’est à pleurer.

12/01/2015

Qui était donc Charlie?

Je suis enfant de Palestine
né en terre occupée
comme mon père et le père de mon père
tous enfants d’un peuple sans patrie
au présent enchaîné
au futur interdit
un peuple humilié, dispersé, morcelé
de murs en prisons
de mépris en barbelés
un peuple sous le joug
maintenu à genoux par un poing très puissant
mais pas un jour ne cessant
de combattre pour se mettre debout

ah, peuple frère de France
la liberté que jamais je n’ai eue
je ne veux pas qu’on y touche chez toi
c’est pourquoi
je partage ta souffrance
oui, ta douleur est la mienne
mien le sang répandu dans tes rues
miennes tes larmes, tes bougies
miens tes crayons au ciel brandis
et ces trois mots que tu affiches en tout lieu
oui moi, l’enfant de trop de cercueils
brûlant du même feu que Paris
je marche et j’écris sur mon front :

JE SUIS CHARLIE.

Puis je lève les yeux et à la tête du deuil 
je vois mon bourreau
il a les mêmes mots, je crie
et mon cœur de battre s’arrête.

Ah, peuple frère de Paris
si je ne puis être Charlie,
qui était donc Charlie ?

02/12/2014

Sauf ceci

Ne croyez rien, sauf ceci :
il y aura la Guerre.

Le poète tel Cassandre
montre le Mal qui avance ; 
Cassandre comme le poète
ne sont jamais crus.

Qui peut croire la Mort
cachée dans un Cheval de Bois ?

Pourtant comme à Troie
dans la cité endormie
la Mort rôde déjà
dissimulée ici
dans ces polichinelles curieux
et ectoplasmes fumeux
ces automates, pantins
et autres Fous du Roi
qui arpentent nos Palais
grimés en gens sérieux
ou inoffensifs valets
alors qu’ils n’ont
ni tête ni cœur ni sang
zombies qu’ils sont
sur le manège géant
lancés à toute allure
vers le Néant
sans pouvoir descendre
sans même savoir pourquoi.

Le poète tel Cassandre
crie que le Mal est là ;
Cassandre comme le poète
ne sont jamais entendus.

25/11/2014

Nessuno va a votare


Nessuno va a votare
embè
che problema è ?

Via, via a tutto spiano
sempre più in fretta
andiamo avanti
andiamo !
a proclamare
in ogni dove
la fulgida vittoria elettorale
galattica epocale
democrata spaziale
che fa di me
il Presidente, il Faro
l’Uomo a Tutto Fare
e Re d’Italia !

Viva le urne vuote
viva le schede amiche
poche ma ben riempite
viva la libertà 
di fare e di disfare
come quanto e di più
viva le elezioni
senza elettori 
viva me stesso Re !
Del quasi nulla, dite ?
Si’
ma in quel quasi
ciccia vi trovo io e meraviglia,
oh bischeri !

Ordunque
se il popolo non c’è
che problema è ?

08/11/2014

Nouvelle histoire d'un mec

Un mec sans audace
balourd voire salace
sans une idée, sans grâce
pérenne inefficace,
par un éclair fugace
osa un jour une menace
contre l’argent rapace
trouvant ainsi l’espace
pour niquer le Loquace
et lui piquer la place.

Ah, fallait voir le peuple
au soir de la victoire… Tous, on voulait y croire !

Après la nuit vivace
adieu roses et rosaces.
A peine élu il efface
son vernis de surface
et fourgue la besace
aux éternels voraces.
Mille cadeaux en grâce
pour Gattaz et sa race, 
d’Angela-la-coriace
les diktats il enlace.

Ah, faut voir le peuple
gronder matin, midi et soir… Tous, on s’est bien fait avoir!

Au fond de la disgrâce
il se prétend pugnace,
de ses poings menace
les fous d’Allah qu’en place
lui-même a mis et grimace
de frapper l’Ours-de-glace.
Mais quoi ? Sans carapace
vite tout ça s’efface
pour ne laisser qu’une trace,
c’est celle de la limace.

06/11/2014

Vecchie cornacchie

Vecchie cornacchie, sonnacchiosi scanni
tra voi nessuno ebbe mai vent'anni?

23/09/2014

Esprits insouciants

Tous ces gens
dans les cafés, dans les jardins
occupés de bière
de beau temps 

et personne qui sache
personne qui veuille savoir…
ah, les étés 14  
sont toujours ignares !

Pourtant l’ombre avance
et s’étend
par nous-mêmes portée
l’ombre folle de la guerre

elle saisit le voisin
submerge le lointain
fait le tour de la terre
et revient

jusqu’ici
où tout est déjà miné
sous-sols, étages, greniers
âmes et vérité…

ah, esprits insouciants !
gardez bien
les yeux fermés
sur nos derniers instants.

06/09/2014

Porc-oh-choco

Porc-oh-choco est un drôle de cochon
il truffe, esbroufe et tartuffe
OTAN qu’on veut
aux Maîtres du Monde il sert
Ukraine et dessert.

Porc-oh-choco est un cochon bien dressé
il broie, écrase et piétine
OTAN qu’il peut
mais quelque chose d’un coup
ne va plus du tout.

Horreur ! La Garde est encerclée, les troupes
vaincues et les dingues nazis
OTAN chéris
déguerpissent sous le feu
minables et piteux.

Porc-oh-choco est un cochon aux abois
il braille, s’agite et gémit
OTAN, uuuuhiiii !
Il veut des troupes, des chars…
Bien sûr, mais plus tard !

Porc-oh-choco est un drôle de cochon
il truffe, esbroufe et tartuffe
OTAN qu’il peut.
Sans leurs canons que peut-il?
Il mâche sa bile

et grouine : cessez-le-feu.

02/09/2014

Regarde sur les écrans

Regarde sur les écrans
comme au bal des revenants
le monde se dissoudre en faux-semblants.

Le vrai sans forces, déliquescent
déchiré par les chiens
lambeaux pendants.
Le faux en habits de fête, grands
discours, paillettes,
sourires condescendants.

Regarde sur les écrans
comme au bal de minuit
les fantômes enchaîner nos esprits.

26/08/2014

Vive la guerre!

Vive la Guerre !

Très bien planqué dans les sous-sols de mon Journal
je mens, je vitupère, je la réclame
fort à l’abri dans mon Palais monumental
j’intrigue, je manigance, je la proclame
terré dans mon Bureau antiatomique Ovale
je presse le bouton
de la Grande Destruction.

Vive la Guerre !

C’est le moment, bon sang ! On a foutu
le big bordel partout : dettes, virus, climat
océans-plastiques, misère et Ebola
et tous ces gueux de plus en plus furieux.
Alors, que diable ! A nous les belles fusées !
Deux ou trois milliards de morts
ça ôte l’envie de protester.

Vive la Guerre !

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs
ni des milliards sans sacrifier des vies.
Résignez-vous, pauvres gens, l’heure est venue
de faire du monde un barbecue géant.
Ah que des larmes et fleurs je verserai
en votre souvenir… Courage !
Vous allez juste mourir.

Vive la Guerre !

03/08/2014

Il n'y a plus de vivants

Regarde,
il n’y a plus de vivants;
partout
on tue à grande échelle, ici

silence
pas un cri ne ressort
la mort
laisse les morts indifférents.

26/06/2014

Censure

Une vieille femme pleure
elle tremble de peur
devant sa maison effondrée.
Des bombes, toujours des bombes
à Slaviansk
crie-t-elle, où aller ?
Ca n’arrête jamais
ah, mon Dieu !
il n’y a plus de pain ni d’eau.

Mains calleuses, terreur, sanglots.
En France vous ne verrez rien. Censure.

Un garçon de vingt ans à Odessa
saute d’un immeuble incendié
par le Secteur Droit
il est blessé
mais vivant
en bas, l’un des bandits lui tire dessus
à bout portant
les autres nazis crient en chœur
‘Gloire à l’Ukraine’.

Meurtre de sang froid.
En France vous ne verrez rien. Censure.

Une femme gît dans son sang
à Lougansk
touchée par des tirs d’avion de combat
elle lève les bras, implore de l’aide
les gens accourent
que peuvent-ils ?
Pas de moyens
de médecins
elle quitte la vie sous leurs yeux.

Lente terrible agonie.
En France vous ne verrez rien. Censure.

Un homme hagard porte
dans ses bras
le corps d’une mince fillette
cheveux blonds,
robe blanche avec fleurs
six ans peut-être
tuée par un raid de la Garde Ukrainienne.
Où va-t-il maintenant
que son plus grand trésor est perdu ?

Regard devenu presque fou.
En France vous ne verrez rien. Censure.

Sur les écrans de France
vous ne verrez rien
pas de nazis au Maïdan
pas de guerre au Donbass
pas d’innocents bombardés
pas de femmes, d’enfants, de vieillards massacrés
pas de maisons pilonnées
pas de gens chassés de chez eux
pas de peuple agressé sur sa terre
pas de souffrances
pas de noble résistance

sur les écrans de France
le réel d’Ukraine jamais ne parvient
jamais il n’existe, jamais n’a existé
le réel
est interdit d’antenne
en tant que machine
de propagande ennemie
le réel est proscrit, à la benne !
Sur nos écrans
on louange les assassins
on cache leurs crimes
on répète leurs mensonges
on les baptise vertus.

Censure. Même la pitié a disparu.

16/06/2014

Courez

Courez courez jeunes gens
femmes vieux familles enfants
la musique dans les oreilles
le regard en avant

courez soufflez ahanez
tee-shirts mouillés
Nike Adidas aux pieds
chaussettes trempées

courez crachez souffrez
ça fait mal comme ça fait du bien
être maître de soi
au moins une fois par semaine

le dimanche matin.

Demain la servitude reprend
de vivre ligotés à ses chefs
aux machines, aux fins de mois
à l’usine, au Pôle Emploi
aux malheurs en cascade
à l’homme qu’on ne veut plus
au souvenir de celle qui ne nous a pas voulu
aux gosses trop petits
devenus trop grands et perdus
aux jalousies, aux regrets, aux ambitions
aux illusions
aux maladies qui guettent, à celles qu’on a déjà
à la peur d’être là et puis d’un coup,
plus du tout.

Alors courez oubliez jeunes gens
femmes vieux familles enfants
le casque vissé sur les oreilles
le regard absent.

11/06/2014

A Slaviansk sous les obus

A Slaviansk sous les obus
armé de peu
manquant de tout
le peuple du Donbass
se terre, tremble et pleure
creuse et enterre ses morts
répare ses murs et soigne ses blessés
se poste aux barricades
résiste encore.
Pour combien de temps ?

Ici, en guise d’explosions
ont retenti longtemps
mensonges gros comme des obus
dynamitant le vrai et la raison
mais le réel têtu revient
déchire le noir voile
les yeux du monde ont vu
les brûlés vifs dans Odessa La Mère
les bataillons nazis tuer à bout portant
les chars tirer sur les passants.
Alors on change, on fait
comme si de rien était
comme s’il n’y avait plus de guerre
ou bien si peu, les plans
sur quelques vagues poignées de main
sourires, on fait
comme si c’était réglé. Sur nos écrans
l’heure a sonné
du rude lourd silence
couvrant la mort qui gronde
cachant les tirs de mortier, les bombes
silence de tombe
pour enterrer à jamais
le peuple du charbon.
Pourquoi donc, Donbass,
n’es-tu pas digne d’indignation ?

Ah, camarades d’Europe et de Russie !
Où sont vos drapeaux, vos défilés, vos brigades ?
Ah, Vladimir Vladimirovitch !
Où sont tes bons soldats ?

Camarades et soldats
tous trop loin de l’Ukraine
de ses tanks, hélicoptères
avions, lance-roquettes et lugubres escadrons
tous trop loin de Slaviansk
où se meurt
seul
sans aide
le noble peuple du Donbass.

02/06/2014

Pro-russe

Pendant qu’ils pontifient
dans les médias
Ukraine et patati, Russie et patata
il y a quand même des gens
qui meurent - me dis-je,
des hommes, des femmes, des vieux et des enfants
qui tombent par centaines sous les balles
mortiers et chars et obus
avions et hélicoptères en rafale
à Slaviansk, Donetsk, Lougansk et Marioupol.

Ah, mais ! faudrait voir
à ne pas confondre ! disent les pontifiants.
Ceux-là, ce ne sont pas des gens
comme vous et moi, ce sont des pro-russes.

Le pro-russe, voyez-vous,
est une espèce étrange
n’ayant d’humain que l’apparence
une quelque peau
sans chair ni os ni muscles ni cerveau
ce sont, disons, des silhouettes vagues
qui s’évaporent sans traces
quand on leur tire dessus
ne vivant pas vraiment
mourant à peine
des ectoplasmes, en somme
par conséquent
pourquoi s’y intéresser ?
De se soumettre à nos amis
les nouveaux maîtres de Kiev
c’est leur destin. Si non
il leur faudra goûter
à d’autres bontés explosives et disparaître.

Ainsi éclairé
j’éteins la télé et prépare mes affaires.
Je pars faire la guerre avec vous, mes frères
gens de Slaviansk, Donetsk, Lougansk et Marioupol.